Mon parcours

 
 

Tout ce que nous vivons se trouve sur une ligne que l’on découvre à chaque étape de la vie.

J'ai toujours été passionné par l’édition. Mes premiers pas commencent à 10 ans lorsqu’avec mes amis d’enfance, nous publions un journal à l’école.

Je commence à travailler dans le secteur à 18 ans (c’est Julos Beaucarne qui va me faire confiance pour me lancer comme indépendant). Mon métier évolue très vite et me plonge dans l’univers de la publicité et du marketing. J’étais donc particulièrement bien placé pour comprendre à quel point la publicité façonne notre manière de penser/consommer. Après 15 ans à un rythme fou comme indépendant - avec de nombreuses nuits de travail sans compter - j’aspirais à autre chose.

Entre temps, j’avais décidé de rendre la confiance que Julos m’avait faite en devenant producteur de son album, dès 1995. Pour faire rayonner la chanson et la poésie française, deux de mes passions. J'ai ainsi produit plusieurs albums de Julos Beaucarne. Mais c’était peut-être trop tôt dans ma carrière que de commencer par la poésie comme moyen de faire changer le monde... La manière dont fonctionne notre société ne me plaisait pas, je voulais m’engager de manière concrète pour infléchir le cours des choses.

Mon métier c’est de vous dire que tout est possible
— Julos Beaucarne

C’est suite à de magnifiques séjours à Seattle que le déclic survient (Mon rêve américain). Là où en 1999, le mouvement altermondialiste prend son envol. C'est pour moi une révélation ! Une partie de la solution aux problèmes du monde réside dans la réappropriation de l’économie par les citoyens et l’intégration dans toutes les décisions des composants du développement durable (économie, environnement, social et culture). Mais par où commencer ? J’ai l’occasion de me former enfin et de me préparer à la suite de mon parcours. Quand en 2006 le film d’Al Gore, Une vérité qui dérange est sorti, c’est une véritable rupture qui s’engage : il faut agir et vite. Je décide de me consacrer exclusivement au développement durable.

Comme le hasard fait souvent bien les choses, j’avais rencontré Bernard Delville et Benoit Remy. Ils venaient de répondre à un appel à projets lancé par José Daras, alors ministre wallon de l'Energie avec l’ Asbl Vent d’Houyet, pour développer le projet de « éolienne des enfants ». Concrètement, 860 enfants deviennent coopérateurs propriétaires d'une éolienne (qui produit de l’énergie pour plus de 300 ménages).

Mettre la production d'énergie en rapport avec l'avenir de nos enfants, les impliquer directement dans une coopérative qui produit de l’énergie renouvelable, c'est une chose qui parle fortement aux gens. Ce projet représentait pour moi le modèle parfait, tout s’y trouvait: la réalité économique, la force symbolique, la dimension humaine, l’œuvre collective. Il fallait reproduire le mécanisme (et s’adresser, à large échelle, aux parents).

Je décide donc de rejoindre Bernard Delville et son équipe, et ensemble nous développons la coopérative Emissions-Zéro pour financer des projets d’éoliennes. Nous avons réuni 1500 coopérateurs autour de 2 premières éoliennes construites dans la commune de DOUR (celle du jeune bourgmestre qui n’est pas encore le ministre Carlo DI ANTIONIO).

Petit à petit, je poursuis mon objectif de créer une structure de plus grande ampleur, basée sur les bonnes pratiques des coopératives ECOPOWER (50.000 coopérateurs en Flandre et Enercoop France créée en 2005), et qui rassemblerait davantage de coopérateurs, surtout davantage de projets, en énergie renouvelable. En 2008 je lance avec eux la fédération belge de Coopérative (RESCOOP) et participe au lancement de la fédération européenne Rescoop Europe. Ensuite, je crée la coopérative Enercoop Belgique, qui est à la fois une coopérative de production d’énergie et une coopérative de consommateurs www.enercoop.be. 

Parallèlement à mes activités professionnelles, dès 2005, ma volonté d’agir concrètement sur le cours des choses m'amène à m'engager politiquement à l’échelle locale. 

Lorsqu'en 2005, je m’installe dans le village de Bousval (commune de Genappe), très vite, je m'investis dans la vie associative et culturelle locale. J'assiste à partir de là en tant que citoyen à quasi à tous les conseils communaux.

Je rencontre les acteurs locaux et me présenterai sur la liste PS-ECOLO aux élections communales de 2006. Fraichement arrivé sur la commune, je ne connais pas encore grand monde. Je suis 17e sur la liste. Je ne serai pas élu. La liste fait un véritable bide,  je n’ai pas conscience des enjeux et des forces en présence, mais malgré cela, c'est une occasion de comprendre les processus et les acteurs en présence.

 
 
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Mes activités professionnelles consistent en partie à faire du lobbying (à l’attention de tous les groupes politiques) en faveur des énergies renouvelables et particulièrement de l’éolien. Je ne veux pas le faire avec une casquette politique. Je préfère la transparence, et je quitte donc ECOLO en 2009 – après une formation passionnante en écologie politique.

Ce que je fais dans le secteur de l'énergie me fait rencontrer tous les partis politiques : en 2011, André Flahaut (PS) me propose de me présenter aux élections provinciales, comme candidat d'ouverture. Après de nombreuses discussions, je me présenterai aussi aux élections communales et serai choisi comme tête de liste PS à Genappe. Je suis élu avec le plus de voix parmi les candidats de la minorité. 

Ces presque 6 années m'ont permis de défendre des dossiers qui me tiennent à cœur (même si étant dans la minorité, il n’a pas toujours été possible de faire entendre raison) : la sauvegarde de la Maison de l'Emploi (que tous les conseillers voulaient fermer), une urbanisation cohérente sur la commune et  la rénovation du centre (qui souffre d’inaction depuis presque 30 ans, ou l'engagement de la commune en faveur du développement durable via la Convention des Maires (production d' énergies renouvelables, réduction de la consommation, développement de l’économie locale).

Aujourd'hui, les élections communales 2018 se préparent, et c'est un nouveau chapitre à écrire... Un chapitre que je souhaite participatif. Plus que jamais, il faut reconnecter les citoyens avec le monde politique, c’est aux femmes et aux hommes politiques à se reconnecter aux citoyens.

Nous avons tous besoin d’un équilibre entre vie privée, vie publique, intérêt général, solidarité, et préservation/amélioration de notre environnement

Je pense que le système est à revoir fondamentalement pour mettre l’intérêt général au centre des débats politiques, tout en laissant l’initiative privée et les individus jouir des libertés. L’univers dans lequel nous vivons est basé sur la liberté individuelle, il faut redonner du sens à la défense du bien commun en défendant l’intérêt général (durable) par l’action collective, y compris la participation citoyenne - pour permettre à tous de profiter de cette liberté renouvelée.