« Visites domiciliaires », pourquoi je suis contre.

Je tenais à exprimer mon grand malaise face aux questions sur les « visites domiciliaires » auxquelles je n’ai pas été confronté directement, j’ai donc pris le temps de me documenter.
J’ai identifié plusieurs textes intéressants à vous transmettre si la question vous intéresse (CNDC, Ligue des droits de l’homme, CIRE… ceux-ci étaient mentionnés dans les motions du conseil communal ce 27 février).

(Après un débat local, une motion pour rejeter le texte a été votée à l'unanimité !)

 Conseil communal de Genappe, 27 février 2018, les habitants se mobilisent CONTRE le texte du MR

Conseil communal de Genappe, 27 février 2018, les habitants se mobilisent CONTRE le texte du MR

Premièrement : La justice est à la traîne dans tellement de matières :
le vol, le crime organisé, la fraude fiscale et la fraude sociale…

Est-on politiquement à la recherche de compensations faciles pour ne pas devoir assumer un bilan d’actions très faible au niveau de la justice et des moyens dérisoires qu’on lui procure ? On a l’impression qu’on propose une nouvelle justice qui stigmatise les plus faibles, dans un simulacre de justice populiste qui essayerait de nous opposer les uns aux autres !!!

J’ai mal pour mon pays.

Secondement : C’est nous qui entretenons les guerres ailleurs, et les personnes qui subissent nos stratégies militaires quittent leur pays à la recherche d’un lieu de vie, abandonnant tout au passage. Ces migrants se retrouvent devant des océans et des montages, et quand ils les franchissent se retrouvent devant des murailles de lois.

D’un côté nous dévastons des pays en fournissant des armes, en exploitant leurs ressources naturelles, en les ruinant par des mécanismes financiers abjects, et de l’autre certains rescapés arrivent chez nous - des naufragés d’une migration forcée. Coupés de leurs racines, de leur culture, accueillis comme des parias, femmes et enfants, même seuls continuent la longue route pour une terre d’accueil. Ils ont perdu au passage des membres de leurs familles, des enfants, des maris, des amis …

S’ils s’arrêtent en Belgique, c’est que le chemin est long et semé d’embuches. Alors où en est notre convivialité légendaire ?

Que faisons-nous pour faciliter les choses ?
Ne devrions-nous pas augmenter nos aides à la place de les réduire ?

Que faisons-nous pour leur donner un minimum de dignité ? Celle-là même que nous leur avons prise en les agressant chez eux par la guerre, les pillages…

Si nous construisons plus de barrières, plus de barricades et plus de murs, qu’ils soient de papier ou de béton, c’est une atteinte à la liberté, une répétition de l’histoire intolérable .

Des derniers murs que nous avons fait détruire, les blessures sont encore bien présentes. N'en construisons pas de nouveaux basés sur la peur et l’égoïsme, car à l’intérieur de ces murs que donnons-nous à nos enfants comme messages ?

Nous pouvons décider tous ensemble de mettre un terme à cette situation. Oui, même à Genappe.

En déclarant notre commune : « commune hospitalière »,
nous inverserons le processus ensemble !

A Genappe, 12 personnes sur 15.000 habitants ont trouvé refuge chez nous, n’est-ce pas la moindre des choses ? moins 1 personne sur 1000 depuis quelques années déjà, est-ce bien suffisant ? ne disposons-nous pas d’assez de nourriture, de bâtiments vides pour partager plus ?

Prenons notre part de responsabilité collective. Et discutons ensemble pour faire de « Genappe une commune hospitalière ».

Osons bousculer nos habitudes, osons apprendre à nos enfants, l’accueil, et la bienveillance.

Osons parler de nos responsabilités dans les guerres,
même à Genappe.

Osons combattre les causes de ces migrations au grand jour et ne nous réfugions pas dans des postures politiques sur des sujets qui font de nous des hors-la-loi : face à nos pairs, face à nos enfants !!! Oui, même à Genappe osons.

Osons porter les vrais débats à Genappe, sans tomber dans le piège d’une politique de politiciens déconnectés de la réalité du terrain.

Osons à Genappe revendiquer haut et fort que nous faisons partie de l’humanité, qu’à ce titre nous n’acceptons pas l’injustice, les traitements dégradants, et les lois qui feraient de notre pays
un pays renfermé, illégal et dont un grand nombre d’entre nous ne serait pas fier !!!

Enfin : Nos parents, grands-parents se sont battus pour ce qui deviendrait « la Déclaration universelle des droits de l’homme ». En 2018, 70 ans plus tard, il est évident que ce droit est aussi celui de nos enfants, des enfants de migrants, des femmes qui bravent les montagnes pour trouver un refuge, un droit universel.

Osons être fiers de ces femmes, de ces hommes qui par vent et marée cherchent un monde meilleur pour poursuivre ce morceau de vie qu’on a essayé de leur arracher.

Je voudrais être fier de mon pays, fier de ma région,
fier de ma commune, fier de mes voisins.

Je suis contre cette mascarade d’une loi sur les « perquisitions domiciliaires », mon pays est un grand pays,
on ne peut pas le réduire à devenir hors la loi !

Merci de m’avoir écouté jusqu’au bout. MiTSCH Jean-François

Jean Francois MiTSCH