Plaidoyer pour des éoliennes citoyennes

Je me consacre depuis deux ans aux développements de l’éolien en Wallonie. L’éolien structure notre paysage et le modifie durablement : c’est une des raisons de la forte mobilisation des habitants lorsqu’un projet arrive dans une commune, mais la mobilisation de ces derniers mois trouve son origine dans la convergence des inquiétudes économiques et environnementales (et sociales).

De réunion en conférence, de congrès en groupe de travail, je me demande finalement comment les choses vont évoluer. Les groupes politiques connaissent la situation et pourtant les revendications des associations et fédérations restent sans suivi, c’est le silence radio. Aucune réponse du politique aux propositions et aux critiques. (Inter Environnement Wallonie, Vents de raison, Fédération Enercoop)

On parle d’implanter 500 éoliennes en Wallonie, un investissement dans l’éolien de 1,5 milliards d’euros. Une recette possible de quelques 200 millions d’euros/an pour nos communes si elles s’impliquaient majoritaires dans le développement de ces énergies renouvelables. En cette période de récession et de réduction des budgets, on peut se demander ce qu’elles attendent pour se jeter dans l’aventure et tenter de récupérer certaines recettes. Précisons qu’aujourd’hui, les recettes annuelles du vent en Wallonie pour toutes les éoliennes et pour l’ensemble des communes ne représentent qu’environ 500.000 €.

Demandez aux promoteurs des explications sur leur plan d’affaire, vous n’obtenez aucune réponse, que doivent-ils nous cacher ? Explication : Une éolienne (+- 3,5 millions d’euros) est financée à 20 % sur fonds propres (et subsides) 80 % par un crédit bancaire. Cet investissement peut être récupéré en 10 ans (au prix actuel de l’électricité). Il dégage après remboursement des banques un bénéfice considérable 400.000 euros/éolienne/an.

Incidence au niveau du particulier : En associant 1.400 familles, il faut 260 euros par famille pour financer une éolienne le solde via des banques et le subside. Nous avons donc largement les moyens de financer le développement de l’éolien. C’est le consommateur qui paiera la facture, et quoi qu’il arrive, il paie une énergie de plus en plus couteuse. (Notre facture annuelle d’électricité est de 750 euros/an dont 312 € pour payer l’énergie au producteur et au fournisseur. Une éolienne produit l’équivalent de la consommation de 1400 familles !)

Où est donc le problème ? Le dossier est-il trop complexe ou l’intérêt de quelques acteurs privés domine-t-il les acteurs politiques ? La question est posée vu la non action des pouvoirs publics et l’activité débordante de quelques firmes pour capter nos ressources. Or nous avons les moyens de financer, d’organiser notre territoire durablement: profitons-en !

En ces temps de crise où l’on parle constamment de réduction des moyens financiers, il est temps de développer des projets rentables... Quel acteur industriel sérieux du secteur éolien ne serait pas disposé à une procédure de marché public, garante de l’utilité publique d’un projet ?

Pour implanter une éolienne, il est faut disposer du droit du sol, et si possible d’un sol ou il y a du vent mais il n’y a pas d’aménagement du territoire ni d’étude de vent à l’échelle de la région ou des provinces : il y aurait un risque de spéculation foncière dit-on à la Région, pourtant elle peut exproprier des terrains dans le cadre de projet d’utilité publique. La Région n’exproprie pas, elle laisse la place à un marchandage sur le foncier. Au dépend de la population qui constate que le droit du sol n’est pas le même pour tous et subi un développement chaotique des projets. C’est à la limite du ridicule vu les enjeux stratégiques, financiers et industriels. (il n’y a pas d’aménagement du territoire pour l’éolien ni pour les autres énergies renouvelables)

Mobilisons nous pour financer une infrastructure d’énergie locale et renouvelable. Ce qui donnerait la possibilité à chacun d’entre nous, après une large réflexion, tant technique qu’économique, de s’approprier des solutions comme l’éolien.

Souhaitons-nous laisser le seul marché s’emparer des grands enjeux de ce siècle ? Le rôle du citoyen n’a jamais été aussi important et celui du politique aussi passionnant. Qu’en feront-ils ? Nous sommes au début d’un nouveau siècle. Il est temps de construire un véritable partenariat public-privé-citoyen. Je lance donc un appel à ceux qui veulent agir concrètement dans l’évolution de notre territoire à se réunir pour réfléchir aux potentiels magnifiques de nos provinces pour l’ensemble des énergies renouvelables… un exemple de concertation et de partenariat pour la Wallonie et nos enfants.

Mitsch Jean-Francois 0495298815 mitsch@mitsch.be rue bruyere d'elvigne 17 - 1470 Bousval

Jean Francois MiTSCH